18.08.2008
Mon erreur sur le Tour, je l’ai comprise
Je ne conserverai pas un bon souvenir de mon Tour de France 2008, que j’avais pourtant préparé très sérieusement. J’ai été victime de nombreuses chutes, dès le départ, la dernière m’ayant contraint à l’abandon. Je voulais vite reprendre la compétition mais à la Clasica San Sebastian, je n’étais pas encore rétabli : je souffrais toujours de douleurs respiratoires à la poitrine, consécutives à ma chute sur le Tour, qui me fatiguent énormément. Cinq jours d’antibiotiques n’y ont rien fait. Mais je n’ai pas pris de vacances, je ne me suis jamais arrêté de rouler : j’ai continué à m’entraîner avec cette douleur qui s’estompe progressivement, mes points sous le menton, le genou droit bien écorché et des brûlures dues aux plaies profondes sur le corps.
Je veux me rattraper et bien terminer la saison avec le Mondial à Varese, non loin de chez moi, et les classiques dont le Giro di Lombardia. J’ai appris au cours des saisons à vite oublier les mauvais moments pour me concentrer sur l’avenir : c’est ce que je m’efforce de faire. Mais je dois dire que je me pose toujours la question essentielle : pourquoi n’ai-je pas pu suivre les meilleurs dans la montagne dès que la bagarre éclatait. Sincèrement, je crois que la seule explication qui me vient à l‘esprit est que je n’ai, peut-être, pas assez insisté lors de mes entraînements d’avant Tour sur les longues côtes. C’est mon erreur : j’aurais dû grimper plus de longs cols, travailler en intensité, c’est ce que je retiens, surtout au regard des entraînements que j’avais accomplis pour le Tour 2006, et pourtant je me suis isolé plus de quinze jours en montagne avec mes équipiers pour rouler tous les jours.
J’ai fait beaucoup de kilomètres mais ce n’était pas suffisant. Une fois de plus, le rythme était effréné bien avant le bas des cols. Il fallait avoir du fond pour résister et là, je n’étais pas au top. Aurais-je dû disputer le Giro avant le Tour ? Je constate que mes principaux adversaires qui l’ont fait, comme Nibali, ont effectué un bon Tour. Mais je ne peux pas me rendre au départ du Giro en disant je viens ici seulement pour m’entraîner en vue du Tour ! Il faut que je sois compétitif dans les deux grandes épreuves ! Une chose est sûre : je sais, contrairement à ce que certains ont pu dire, que je suis un coureur de courses à étapes et pas seulement de classiques. Je vais disputer la Vuelta, sans doute seulement les deux premières semaines, en vue de bien préparer le Mondial et d’acquérir du rythme. Non, la saison n’est pas encore terminée...
Recueilli par Jean-Paul Vespini
15:35 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04.03.2008
J’ai quitté Cecchini
Ça y est, la saison a repris. Après le Tour de Valence pour me roder, mon premier véritable objectif de la saison sera Paris-Nice. Je crois qu’il sera encore trop tôt pour penser à la victoire finale mais j’aimerais bien y gagner une étape. Je préfère disputer « la course au soleil » à Tirreno-Adriatico que je trouve plus dangereuse, plus nerveuse, et un peu moins prestigieuse. Et puis Paris-Nice ce sera déjà un premier pas en France avant les grands Tours.
J’hésite encore entre la France et l’Italie, j’attends de recevoir l’invitation des organisateurs du Tour et je veux en parler avec Giuseppe Saronni, j’aimerais réaliser un grand Giro où j’ai une revanche à prendre et venir au Tour en 2009. Mais le parcours du Tour cette année, avec moins de contre-la-montre m’attire, je sais que de toute façon je n’en disputerai qu’un seul, où j’ai l’intention de me battre, parce qu’ensuite je veux briller aux Jeux olympiques et au Mondial à Varese, pas très loin de chez moi. En ce qui concerne mon programme je dois vous dire que le début de saison sera important avec mes trois classiques préférées : Liège-Bastogne-Liège, la Flèche wallonne et l’Amstel Gold Race.
Je dois vous confier également que j’ai changé mon entraînement, je suis revenu à mes premières habitudes, aux sensations et aux longues distances plutôt que de (trop) travailler le contre-la-montre. J’ai pris des distances avec Giuseppe Martinelli, je l’estime beaucoup mais je devais m’assumer, je lui ai dit que je voulais désormais décider seul de mes choix et ainsi, si je me trompe, je sais que j’en serai l’unique responsable et cela m’aidera à grandir. Lorsqu’on comprend ses erreurs, on mûri. Depuis ma deuxième victoire au Giro di Lombardia j’ai acquis plus de confiance. Ce succès, je l’attendais pour effacer mes échecs de la saison.
J’ai également stoppé ma collaboration avec le docteur Cecchini, pour respecter le règlement de l’UCI qui oblige toute l’équipe à n’avoir qu’un seul et même préparateur. Nous avons choisi Sergio Gelati que Saronni côtoyait lorsqu’il courait. Je n’ai rien à reprocher à Cecchini, je me contentais de suivre ses plans d’entraînement, pas plus, je ne le cachais pas. Maintenant on tourne la page. Mais je suis très préoccupé par l’avenir de notre sport, je suis, bien sûr, favorable aux contrôles, je crois que les coureurs devraient s’exprimer et élire un représentant pour se faire entendre.
Recueilli par Jean-Paul Vespini
13:37 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
25.10.2007
J’ai offert une Rolex à mes équipiers
J’avais vraiment envie de remporter le Giro di Lombardia, depuis le Mondial de Stuttgart je savais que j’avais de bonnes jambes. D’ailleurs, la semaine précédente, je m’étais imposé dans le Trofeo Beghelli, cette fin de saison il fallait que je la termine brillamment. Après la course j’ai dû satisfaire aux obligations du vainqueur (contrôle, podium, conférence de presse) et je ne suis retourné au bus de la squadra que deux heures plus tard. Tous mes équipiers m’attendaient pour déboucher une bouteille de champagne. Je leur avais juré avant le départ, de leur offrir une Rolex si je gagnais, (je le pressentais !) bien sûr j’ai tenu ma promesse ! Dans cette course je me suis amusé à faire la descente del Civiglio, j’étais inspiré, la veille j’avais regardé une épreuve de rallye auto à la télé dont mon père et moi on raffole. Mais jusqu’au bout j’ai dû maîtriser mes nerfs, parce que je me méfiais de Ricardo Ricco, de ses démarrages assassins et du sprint final. J’ai bien géré, je suis resté derrière lui, pour le contrôler et surveiller Sanchez, Schleck et Rebellin, juste derrière moi qui fonçaient sur nous.
Avec Ricco on se respecte, il existe une vraie rivalité entre nous, mais pour l’heure elle est plutôt excitante. On verra l’an prochain si dans la passion du Giro elle résiste aux débordements ! Je voudrais insister sur cette victoire : la presse a écrit qu’à partir de ce succès j’étais plus mâture. Je les laisse écrire. Mais je pense autrement. Je l’étais déjà avant ! J’ai choisi d’être plus libre, plus indépendant dans mes choix et c’est pourquoi j’ai stoppé ma collaboration avec Giuseppe Martinelli, mon directeur sportif celui de mes débuts envers qui je suis très reconnaissant. Ce n’était pas une décision facile. Mais je dois aller de l’avant, je veux choisir mes courses, décider mes choix tactiques, et ma carrière. Je ne cache pas que le docteur Cecchini me conseille pour mes entraînements, je l’ai dit, mais, malgré la réputation sulfureuse qu’on lui a donné, il se borne à ces conseils d’entraînements, c’est tout ce que je lui demande.
L’an prochain sera une saison essentielle : j’aimerais disputer les Olympiades, le Mondial qui se déroulera dans ma région, à Varese, sur un circuit très difficile et j’hésite encore entre le Tour et le Giro. Je ne pourrais pas tout courir. L’hiver m’aidera à décider. Je reste le leader unique de l’équipe, Danilo Di Luca, finalement, ne viendra pas à la Lampre. Maintenant je vais prendre une semaine de vacances, avec Margherita mon épouse, sur le bord de mer en Egypte. Ensuite, comme chaque année je ferai un peu de musculation et de course à pied en novembre, pour me détendre et entretenir la forme, avant de vraiment reprendre l’entraînement au début décembre.
Recueilli par Jean-Paul Vespini
09:43 Publié dans Tour de Lombardie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

